ÉDITO – «L’ENFER, C’EST LES AUTRES» DIT SARTRE

gianfrancocencioEt Goethe : «Pour moi, le plus grand supplice serait d’être seul en paradis». Deux affirmations contradictoires
à faire perdre le nord. Et là-dessus le coup de grâce de Plaute : «L’homme est un loup pour l’homme !»
Quel cauchemar ! Je me réveille décidé à «vivre et laisser vivre» ! Mais c’est aussi une illusion,
car je ne peux pas me passer des autres. Et puis, moi aussi, je suis «l’autre» de mes innombrables
relations. Serais-je aussi leur enfer ? Je suis confus. Vivre dans la conviction que seule la peur
réciproque régit les rapports humains est angoissant et paralysant.
Mais essayons de nous imaginer la société comme un somptueux tissu fait de différences, et que
la qualité de notre petit bout d’étoffe et du fil avec lequel nous tissons nos relations, contribue
activement à la valeur de notre vie sociale. Quoi de plus gratifiant et stimulant !
Alors le cauchemar laisse la place à un rêve d’espoir.
En effet le monde est plein de gens qui possèdent et cultivent des qualités positives ; des
femmes et hommes qui savent se dépouiller de leur ego et de leurs peurs pour vêtir ce manteau
multicolore, et le porter avec dignité, fantaisie, respect et même avec une joie qui efface tout
défaut. En quoi cette vision du monde seraitelle utopique ?
Ah, qu’il est bon de vivre ensemble en paradis, avec les autres !

Gianfranco Cencio

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