ÉDITO – Une barrière suisse

Partout en Europe s’élèvent des barrières. IciàFully, il s’enestérigée une. J’y ai même participé
unsoird’été,étantalors l’undes gardiens des lieux.

Quand les inconnus arrivèrent, leur manière étrange de parler me faisait penser à une concasseuse.
Des femmes aux mollets solides telle la pierred’Unspunnen,des hommes aux bras noueux
comme des arolles, bref, un groupe de Suisses Allemands.
Cette page historique entre confédérés s’estécrite à la cabane du Fénestral.
Malgré une méfiance réciproque, il fallait bien trouver un consensus car nous allions devoir souper ensemble. Décision fut prise, nous cuisinerons des röstis. Les welches étaient assis d’un côté de la table et les bourbines de l’autre, entre nous sur cette table, la fameuse barrière de röstis. Petit à petit, un délicieux partage de rires et de complicités’est instauré.Avec, comme clin d’œil, une bouteille de grappa Ticinese. Le lendemain ils repartirent, heureux de notre accueil.
C’est fou tout ce que l’ont peut se dire avec humour quand on s’aime. Les a prioris disparaissent,onjuge moins et on créée des liens, le Valaisan bourrus’adoucit au contact des autres. Une belle le çondeviesur les étiquettes que nous nous collons dessus. Luttons ensemble pour un monde sans préjugés. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Avec mes amis
gardiens, il nous fallait un peu ranger afin d’accueillir le soir, avec méfiance,un groupe de culs de Vaudois.

Alain Léger,

Président du Journal de Fully

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ÉDITO – Souvenirs, souvenirs…

(Edito du Journal de Fully n° 54, novembre 1996)

Quand je vois descendre le so- leil de la pointe du Chavalard en caressant doucement toutes les crêtes,«j’aime mon village».

Quand le doux parfum des châ- taigners en fleurs vient chatouil- ler mes narines et m’emplir d’un bien-être magique,

«j’aime mon village».

Quand les magnifiques cactus brillent sur les rochers dans l’uni- vers mystique des Follaterres, «j’aime mon village».

Quand la poudreuse fait vibrer le torrent de l’Echerche du Cha- valard à la Botzache,
«j’aime mon village».

Quand les grappes dorées se laissent pénétrer par la douce chaleur de l’automne,
«j’aime mon village».

Quand je vois notre magnifique jeunesse, qui footballeur, scout, gymnaste ou musicien, remplir d’ambiance et de bonheur nos salles et nos stades,

«j’aime mon village».

Quand je vois la truite de Sorniot, le bouquetin du Six-Tremble, le chamois de la Grand-Garde ou la marmotte de la Chaux, «j’aime mon village».

Jean-Luc Carron-Delasoie

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