ÉDITO – «Sagesse du peuple» et bon sens

Les proverbes, selon une définition universellement acceptée, c’est«la sagesse du peuple».Expérience et esprit d’une culture et de toutes les cultures, ces petits textes poétiques, incisifs, essentiels, se présentent comme un enseignement autoritaire qui nous est consigné par l’humanité comme une sorte de patrimoine. Avec leurs cousineset cousins : maximes,dictons,et même textes sacrés, signéspardegrands maîtres («C’est lui qui l’a dit ! Qui suis-je pour le mettre en doute ?»), ils fascinent et influencent la façon d’agir de beaucoup de monde… malheureusement pas toujours dans le bon sens. «Sagesse»du peuple ? Quand j’entends :«On n’arrête pas le progrès !»et ce«progrès»n’est rien d’autre que la destruction de la nature… Quand on énonce :«Si tu veux la paix, prépare la guerre», la course pacifique aux armements…quelqu’unpeut m’expliquer ? «L’occasion fait le larron»…alorsquel’occasionrévèlele«larron». Quand on me dit que «l’union fait la force» et je constate plutôt qu’elle fait la farce! Où s’est caché le bon sens ? Proverbes et compagnie, non passés au tri du bon sens, me semblent plutôt des somnifères administrés sournoisement, par des manipulateurs, à des proies sans défense critique. Ou même des «prêt à porter» dont s’habillent des criminels de toute sorte, pour exécuter leurs horreurs. Dans ces conditions, il estdifficilede se montrer ducôtédubonsens,qui sembleapparteniràune minorité. On connaît «la raison du plus fort est toujours la meilleure». Voilà pourquoi, comme disait le romancier italienAlessandro Manzoni : «Le bonsens existe, mais il reste caché de peur du sens commun».

Gianfranco Cencio

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