ÉDITO – Des murs et des hommes

Lorsque qu’un empereur chinois entreprit la construction de la grande muraille afin de se protéger des invasions, il ne s’imaginait pas l’issue rocambolesque et funeste de son initiative, pourtant partie d’un bon sentiment.

En effet, après plus de 10 millions d’ouvriers décédés sur ce chantier, après avoir vidé les coffres du trésor et affamé son peuple en utilisant le riz pilé comme liant dans le ciment, l’empire fut épuisé et la colère gronda.

Si bien que lorsque les Mongols arrivèrent aux pieds de ces remparts infranchissables, l’armée chinoise, n’étant plus soutenue par la population en quasi insurrection, ouvrit les portes et rendit les armes à l’envahisseur.

Il y en a des métaphores formidables dans cette histoire !

Je pense qu’il est des combats à ne pas mener, qu’il est des énergies à mettre dans des projets positifs.  L’orgueil et le sentiment de toute puissance ne sont que fétus de paille face aux tsunamis de nos vies. La maladie, la perte d’un proche, comment être armé devant ces situations inéluctables ?

Finalement, mon mur préféré est celui de nos coteaux : le mur en pierre sèche, car il maintient la terre fertile et, paradoxalement, laisse passer l’eau.

Alain Léger

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