ÉDITO – L’art et la culture, sentiers de l’émancipation

Les questions fréquentes devant un tableau sont : «A quoi ça sert ? » « Qu’est-ce que cela veut dire ? » Une réponse, en passant par l’absurde : qui oserait imaginer une ville où n’existeraient que des usines, des entreprises et… des casernes ! Les Beatles, Mozart inexistants…pas de musique, ni de poésie, pas un monument, ni une galerie. Dans les maisons, pas un objet décoratif, que des casseroles et des assiettes blanches ! Platitude, stérilité, horreur !

C’est vrai : la recherche de l’utilité va dans le sens du courant de notre société. La fonction d’un tire-bouchon est évidente, et le fonctionnement intuitif. Mais devant un objet dont la valeur n’est qu’esthétique, à la question de l’utilité personne ne donnerait une explication aussi claire que… pour la fonction du tire-bouchon.

Apprivoiser des valeurs non évidentes est l’aboutissement d’une démarche personnelle faite de pratique, de fréquentations, de réflexions. Mais seulement en se forgeant un jugement personnel aiguisé on atteint l’émancipation. Pourquoi s’enliser dans un complexe d’infériorité inutile, ou passer à côté de jouissances intellectuelles qui sont les piments de la vie ? La création, ou la simple contemplation d’une œuvre «inutile», si elle plaît a donc une fonction de plaisir, dans le cas contraire elle a une fonction de développement personnel.

Voilà «à quoi ça sert !» Et ce n’est vraiment pas peu !

Gianfranco Cencio

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