Le Grand Raid de la Réunion

Hello Jean-Baptiste et Benjamin.
Tout d’abord, merci de participer à cette interview pour le journal de Fully.
Hello, merci à toi, c’est avec grand plaisir !
- Pour les gens qui ne vous connaissent pas, merci de vous présenter en quelques mots.
Benjamin, j’ai 39 ans. Je travaille dans le bâtiment. Je suis papa de 3 filles qui sont déjà majeures et je suis marié à Valérie.
Jean-Baptiste, j’ai 42 ans. La plupart des gens me connaisse du fait que je suis le garde forestier de la commune et que j’ai été Grand Maître de la Confrérie des Amis de la Châtaigne pendant plusieurs années. Je suis marié à Céline et nous avons deux enfants, Robin et Léandre.
Nous sommes les enfants d’Albert et de Patricia Bruchez et avons grandi à Fully.
- Quelques jours après votre retour de la Réunion, comment vous sentez-vous ?
JB : Je me sens particulièrement bien ! Cette aventure a été quelque chose de très fort pour moi, autant sur le plan physique qu’émotionnel. Physiquement j’étais parfaitement préparé, ce qui m’a permis de vivre une course tout en maîtrise et de récupérer rapidement. Sur le plan émotionnel, je suis encore sur un petit nuage. C’est impossible à décrire, il faut le vivre pour le comprendre, le ressentir ! Je suis tout simplement heureux et fier d’avoir été au bout de cette course !
B : La diagonale des fous a été raccourcie pour moi car, depuis fin août, je traîne une douleur dans mon dos qui m’a empêché de faire l’intégralité de la course. Je tiens tout de même à dire que je suis heureux pour mon frère. Hélas tous les éléments n’ont pas été de mon côté cette fois-ci.
- Comment vous est venue l’idée de participer à cette course ?
JB : L’an dernier, après la réussite d’un ultra-trail dans la région, j’ai ressenti l’envie de passer à une étape supérieure. Pas en termes de distance mais en termes de difficulté. En me renseignant j’ai remarqué que la fameuse et mythique course qui traverse l’Ile de la Réunion aurait lieu pendant les vacances d’automne. C’était parfait pour combiner défi sportif et vacances en famille. Mon frère étant également partant, c’est comme ça que nous nous sommes inscrits à la Diagonale des fous, course qui traverse l’île du sud au nord, où 2900 coureurs du monde entier prennent le départ.
- Un trail de 175 km avec plus de 10’000 m de dénivelé positif, comment on s’y prépare ?
JB : Une préparation sérieuse et consciencieuse est bien sûr la clé de la réussite pour un tel objectif. Elle diminue fortement l’effet sur le corps et permet d’encaisser ce genre d’épreuve. Tout se prépare, particulièrement les jambes car pour cette course les bâtons sont interdits, le site étant classé patrimoine mondial de l’UNESCO. La nutrition, le sommeil, la gestion de l’effort et la pratique de la course de nuit sur des sentiers très techniques et accidentés doivent également être préparés.
B : Il est clair que ces entraînements demandent un sacrifice et un investissement que pas tout le monde pourrait se permettre.
- Est-ce que votre préparation diffère selon la difficulté de la course ?
B : Oui bien sûr. Je crois que je suis plus attentif à ça que Jean-Baptiste. Mais pour expliquer simplement, il y a, dans chaque course, des montées, des plats et des descentes. On va chercher à entraîner ce que la course nous fera endurer. Mais dans notre cas, il faut entraîner ces 3 points car nous devons être endurant et économe pour maintenir notre forme physique jusqu’à la fin.
JB : Il est clair que le volume d’entrainement ne sera pas le même selon la course. Pour cette course, ce que l’on appréhendait le plus était le climat que nous allions rencontrer. Courir dans un environnement tropical était pour nous une totale inconnue. Les températures sont d’environ 5° la nuit et 35° la journée, auquel on ajoute un taux d’humidité particulièrement élevé.
- Participez-vous régulièrement à des trails en Valais ou en Suisse ?
B : Oui, Nous participons à environ 4 courses par année : 2 petites et 2 grandes. J’avoue que, personnellement, j’ai un esprit de compétition et j’aime bien pousser fort pour me mesurer aux autres !
JB : Nous avons réussi ensemble des grandes courses comme le Swiss Canyon Trail à Neuchâtel ou la Swisspeaks 170, du barrage de la Grande Dixence jusqu’au Bouveret. Ce sont toutes des courses de plus de 100 kilomètres. Quand le plaisir est le moteur du sport, on ne peut plus s’en passer. Merci Benjamin pour toutes ces heures de partage et d’entraide, quelques soient les moments par lesquels nous sommes passés.
Propos recueillis par Juliana Bender



