À Fully, comme dans d’autres localités valaisannes, les abricotiers ont connu une floraison précoce de deux semaines en raison d’un début de printemps exceptionnellement doux. Cette avance rend les bourgeons et les jeunes fruits extrêmement vulnérables aux retours de froid et aux gelées tardives. Les températures négatives, qui peuvent descendre jusqu’à -10°C au niveau du sol, sont particulièrement dévastatrices. La vigne peut être aussi touchée par ce phénomène selon son stade de végétation.

Des méthodes de lutte adaptées au terroir de Fully
Les agriculteurs de Fully mettent en œuvre diverses stratégies pour protéger leurs précieuses cultures. L’aspersion d’eau, consistant à recouvrir les arbres d’une fine couche de glace protectrice, est utilisée. Cependant, cette méthode présente des risques, notamment la fragilisation des branches sous le poids de la glace et un impact potentiel sur la pollinisation.
Sur les terrains plus en pente, fréquents autour de Fully, l’utilisation de bougies de paraffine est privilégiée. Ces dispositifs permettent d’augmenter la température ambiante dans les vergers pour éviter que le froid ne stagne au niveau des arbres.

Le spectacle éphémère de la lutte : quand la nuit s’illumine
Malgré la gravité de la situation, il y a une beauté saisissante dans ce combat nocturne. Pour le photographe, pour l’observateur attentif, ces nuits de gel transforment nos vergers en paysages presque irréels. Les lumières des bougies de paraffine, telles des étoiles posées à même le sol, scintillent dans l’obscurité, créant une atmosphère mystique. Les fines couches de glace qui recouvrent les branches et les bourgeons, éclairées par les projecteurs ou les phares des tracteurs, se parent de reflets argentés et irisés, comme des sculptures de cristal éphémères.
C’est un tableau à la fois poignant et magique, une danse entre l’homme et la nature, où l’urgence de la survie se mêle à une esthétique involontaire. Ces images, bien que nées d’une nécessité, capturent la résilience et la poésie silencieuse de nos nuits valaisannes.
Jean-Paul Persiali















